Partager l'article ! Nous sommes tous des Terroristes ! Tous des saboteurs !: Le coup de Tarnac Dix personnes ont été interpellées mardi matin à ...
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Dix personnes
ont été interpellées mardi matin à Tarnac en Corrèze, à Paris, à Rouen et à Baccarat lors d'une opération baptisée «Taïga» qui a mobilisé 150 policiers. Neuf sont en garde à vue dans les
locaux de la direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) à Levallois, la dixième, mère d'une des gardées à vue, est en garde à vue à Nancy. Il leur est reproché d'appartenir à
«l'ultra-gauche tendance anarcho-autonome» et d'être lié à une série de cinq sabotages de caténaires SNCF dans l'Oise, l'Yonne, la Seine-et-Marne et la Moselle. Un sixième cas de
sabotage près de Narbonne a été évoqué puis écarté parce que de conception différente des premiers. Sous les coups de la législation anti-terroriste, cette garde à vue, reconduite pour la
troisième journée consécutive, peut encore être prolongée demain de 24 heures. Les suspects devront être ensuite, soit présentés à un magistrat anti-terroriste, soit remis en liberté sans
charges.
D'après la ministre de l'intérieur Michèle Alliot-Marie et les services de police qui les espionnaient depuis des mois à la manière du KGB des films américains (surveillance, fichages, filatures, interrogatoires, etc.) les dix inculpés auraient été aperçus «a proximité des lieux» où les sabotages ont été commis «à des heures pouvant correspondre» mais les policiers n'ont cependant pas constaté qu'ils avaient mis en place un dispositif de sabotage et n'ont rien remarqué d'anormal sur le coup. En outre, la ministre affirme que «les perquisitions ont permis de recueillir beaucoup de documents très intéressants» et reproche à ces individus de se caractériser par «le rejet de toute expression politique démocratique et un discours extrêmement violent». Ces maigres éléments, a priori tout à fait insuffisants pour engager de quelconques poursuites judiciaires, ont cependant suffit au ministère de l'intérieur pour prendre leurs fantasmes «d'une résurgence violente de l'extrémisme radical» pour une réalité et enclencher une vaste opération policière spectaculaire à grands retentissements médiatiques.
Alors que les policiers du renseignement intérieur et de la sous-direction anti-terroriste ne disposent pas pour l'instant de preuves, la présumée innocence des «présumés auteurs» a été piétinée en long, en large et en travers par le gouvernement, les médias mais aussi les syndicats et la LCR. Dès le début des opérations, le président Nicolas Sarkozy s'est aussitôt félicité des «progrès rapides et prometteurs obtenus dans le cadre de l'enquête» par cette «opération éclair» des services de police. Les médias ont immédiatement emboîté le pas et relayé les théories fantasmagoriques du ministère de l'intérieur sans aucun travail d'enquête complémentaire ni émettre le moindre doute sur le bien fondé des accusations. Enfin, les syndicats des cheminots se sont publiquement et abondamment réjouis d'être si vite mis hors de cause parce qu'aucun employé de la SNCF n'a été arrêté. Le leader de la LCR, Olivier Besancenot, s'empresse de condamner des actes de sabotage qui ne «sont pas et ne seront jamais» ceux de la LCR. Pour Sud-Rail, il s'agit d'actes terroristes et le syndicat met en garde «ceux qui frisent la diffamation en voulant confondre terrorisme et action syndicale». Bref, le bouc-émissaire que l'imaginaire douteux du ministère de l'intérieur a baptisé «ultra-gauche tendance anarcho-autonome» arrange tout le monde, excepté les quelques 350 habitants de Tarnac qui font bloc pour soutenir leur petit épicier et leur président du comité des fêtes.

Quand le spectre du terrorisme et son effet de vent glacial sera passé et apparaîtra pour ce qu'il est, une manipulation médiatique, il sera intéressant de mettre tous ces sbires hypocrites des syndicats soi disant radicaux et des partis soi disant révolutionnaires face à leurs discours parfois plus accusateurs encore que celui de la police, où ils se réjouissent sans détours de l'arrestation d'innocents, seulement coupables de ne pas avoir acheter la carte de leurs sectes, accusés de sabotages sans aucun éléments à charge et de terrorisme pour des actes qui n'ont pas encore été commis mais qui auraient pu l'être selon ces paranoïaques. Ils se sont tous empressés de condamner les actes, insistant sur le fait que là était l'essentiel, se montrant ainsi encore plus expéditif que la justice de Sarkozy qui n'a pas encore rendu son verdict. A écouter tous ces charlatans professionnels du syndicalisme, il faudrait croire que le sabotage n'a jamais appartenu à leur histoire !
Pourtant, le
secrétaire adjoint de la CGT de 1901 à 1908, un certain Émile Pouget, loin de condamner les saboteurs de la machine, n'avait pas peur, lui, de saluer leurs actes et de les préconiser comme
outil pour les luttes syndicales. A cette époque, où le droit de grève était piétiné par les patrons et les gouvernements, où les manifestations des travailleurs étaient réprimées dans le sang
comme à Chicago ou à Fourmies, le sabotage apparaissait alors comme la solution, le moyen de lutte le plus efficace pour protester contre des conditions de travail inacceptables et revendiquer
la journée de huit heures sans se faire fusiller.
Aujourd'hui encore, le droit de grève est attaqué de tout côté: il y a la pression de l'état avec le service minimum, la pression de l'employeur avec la précarisation de l'emploi et le chantage au licenciement, il y a aussi tous les chômeurs qui n'ont pas la possibilité de faire grève. Aujourd'hui encore, les piquets de grève sont chargés par les forces de police, les militants sont arrêtés et emprisonnés au moyen de procédures exceptionnelles et expéditives. Aujourd'hui encore, les manifestations, même les plus massives, ne reçoivent que les ricanements d'un gouvernement à l'arrogance illimitée.
Dans de telles circonstances, une résurgence et une prolifération des actes de sabotage est plus que prévisible, c'est une certitude logique et ce ne sont pas les discours complètement à côté de la plaque des syndicats, partis et autres imposteurs qui y changeront quoi que ce soit. Le sabotage reste un outil à la disposition des travailleurs pour mettre en œuvre leur imagination, leur génie et leur savoir-faire au service de leurs combats dans le dessein de leurs justes revendications.
L'état et le patronat ont réduit à la portion congrue le droit de grève et les possibilités des travailleurs d'y recourir mais ce n'est pas là une invention moderne. Dans le passé, face à cette situation, les travailleurs se sont fait saboteurs et ce n'est pas en les traitant de terroristes qu'on arrêtera leur œuvre.
Source Anarced
mercredi 19 novembre 2008
Depuis le 11 Novembre, notre ministre de l'intérieur et l'autorité judiciaire entretiennent savamment la fièvre médiatique autour du nouvel ennemi intérieur. Après l'immigration des travailleurs clandestins sapant l'économie, les réseaux de barbus infiltrés prés a répandre le sang, la racaille des cités populaires incendiant nos villes, les casseurs violents contre le CPE, le danger s'appelle « mouvance anarcho-autonome ». Sans preuves et sans procès, les coupables sont là. L'Etat, la justice et la presse piétinent allégrement la présomption d'innocence, heureux que la jeune Direction Centrale du Renseignement Intérieure leur offre si tôt de si beaux bouc-émissaires. La France peut avoir peur. Redite des Irlandais de Vincennes? Nous laissons aux prévenus et leurs avocats prouver leur innocence.
La France a peur, oui. 9 jeunes gens subissent des lois d'exceptions, sont accusés de terrorisme.
Parce qu'ils lisent. Parce qu'ils écrivent. Parce qu'ils communisent leurs revenus et leurs biens. Parce qu'ils cultivent un potager bio. Parce qu'ils préfèrent faire eux mêmes ce dont ils ont
besoin. Parce qu'ils refusent l'individualisme sclérosant et déprimant en vivant en communauté. Parce qu'ils manifestent. Le GIGN saute sur un bateau parce que des grévistes utilisent leur outil
de travail, des faucheurs d'OGM sont emprisonnés, des manifestants aussi pour avoir transportés des fumigènes et des clous tordus crevant des pneus. La France peut avoir peur, celle des révoltés
et insoumis, celle aussi des blogueurs et forumeurs, des bibliophiles et des tricoteurs, des colocataires et pire, celle des bricoleurs et jardiniers. Nous sommes tous des
terroristes.
Des gamins tous les jours arrêtent les trains en tirant sur les sonnettes d'alarme. Saboteurs! Terroristes? Nous ne savons pas, nous anarcho-syndicalistes, ce
qu'est une « mouvance anarcho-autonome », terme facile et flou inventé par les policiers. Nous savons ce qu'est l'anarchisme ouvrier, nous savons ce qu'est l'autonomie prolétarienne.
Nous nous souvenons qu'un secrétaire général de la CGT, un fondateur, a théorisé le sabotage comme outil de lutte lorsque la grève et la manifestation ne sont plus possibles. Il fait partit de
l'héritage du mouvement ouvrier, comme nos mutuelles et nos syndicats. Ce n'est pas du terrorisme. C'est de la résistance. Nous sommes loin de la lutte armée. Quel que soit l'auteur de ces
sabotages, quel que soit ses motifs, une loi d'exception est absurde. Nous voyons a quel point notre société policière peut facilement, avec ses fichages, ses dérogations, sa puissance reprendre
notre maigre liberté et notre faible égalité et détruire nos espaces de lutte. Comment il peut nous entôler si nous sortons de la norme et cherchons d'autres possibles.
Contre la repression du mouvement social
Rassemblement devant le Palais de Justice Samedi 22 Novembre 14H
Trouvé sur CNT-AIT Rouen
Les conditions de vie toujours plus insupportables qui nous sont imposées reposent sur la peur. Peur de ne pas avoir de boulot et de ne pas arriver à boucler les fins de mois. Peur de la police, peur de la prison. Parce qu’au fond, la matraque et son acceptation est ce qui garantit les rapports sociaux. Dans ce monde à l’envers, le terrorisme ce n’est pas contraindre des milliards d’êtres humains à survivre dans des conditions inacceptables, ce n’est pas empoisonner la terre. Ce n’est pas continuer une recherche scientifique et technologique qui soumet toujours plus nos vies, pénètre nos corps et modifie la nature de façon irréversible. Ce n’est pas enfermer et déporter des êtres humains parce qu’ils sont dépourvus du petit bout de papier adéquat. Ce n’est pas nous tuer et mutiler au travail pour que les patrons s’enrichissent à l’infini. Ce n’est pas même bombarder des populations entières. Tout cela, ils l’appellent économie, civilisation, démocratie, progrès, ordre public.
La politique est en réalité l’art de travestir les faits en changeant les mots. Leur « guerre au terrorisme » à l’échelle planétaire n’est qu’une arme de propagande pour légitimer toute agression militaire à l’extérieur et toute répression des rebelles à l’intérieur.
Dans un effet miroir, l’État voudrait tous nous obliger à être le reflet de sa sale gueule autoritaire. Des amitiés, des affinités et le partage d’une même idée de liberté deviennent une « association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste ». Des liens tissés dans les luttes deviennent une « mouvance anarcho-autonome ». Un fumigène devient une bombe.
Et pourtant, s’organiser n’est pas nécessairement constituer une Organisation, tout comme une grève n’est pas une prise d’otage. L’attaque contre une banque, une prison, une ANPE, une permanence électorale, un centre de rétention, le sabotage de la circulation des trains ou des machines dans une usine, ne sont pas du « terrorisme ». Un abîme sépare ceux qui s’insurgent pour se libérer, et ceux qui frappent dans le tas pour défendre, consolider ou conquérir le pouvoir, c’est-à-dire les États et leurs concurrents, les patrons, leurs mercenaires et leurs laboratoires de mort.
Dans cette guerre sociale qui se déroule au travail comme dans la rue, de jour comme de nuit, l’ennemi est tout individu qui fait obstacle à la marche radieuse du capital.
Que chacun, de la manière qu’il estime la plus adéquate, s’oppose au terrorisme d’État et au totalitarisme démocratique. Nous ne subirons pas cette déclaration de guerre en baissant la tête.
Que crève le meilleur des mondes !
Texte d’une affiche trouvée sur les murs de plusieurs villes en avril 2008.
Trouvé sur le forum de la CNT-AIT Caen