Jeudi 17 mars 2011
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Inculture(s) 1:
" L'Education Populaire, monsieur, ils n'en ont pas voulu ! "
... ou une autre histoire de la culture ...
C’est ce qui m’est arrivé. Et c’est l’histoire que je vais vous
raconter.
Quand je dis: «J’ai arrêté de croire à la culture», entendons-nous bien, c’est idiot comme phrase!
Non, j’ai arrêté de croire, pour être très précis, en cette chose qu’on appelle chez nous «la démocratisation culturelle...
C’est l’idée qu’en balançant du fumier culturel sur la tête des pauvres, ça va les faire pousser et qu’ils vont rattraper les riches !
Qu’on va les «cultiver» en somme. Voilà, c’est à ça que j’ai arrêté de croire.
Je faisais ça dans les banlieues, c’est là qu’ils sont souvent, les pauvres. ..Et donc, je leur balançais des charrettes d’engrais culturel, essentiellement sous forme d’art contemporain et de
«création». Il y a beaucoup de fumier dans l’art contemporain.
De la danse contemporaine, du théâtre contemporain, de la musique contemporaine... pour les faire pousser.
On parle aussi de réduction des inégalités culturelles ou «d’ascension sociale» par la culture.
Mais j’ai compris bêtement un jour que les riches avaient les moyens de se cultiver toujours plus vite...
C’est là que j’ai arrêté de croire.
Un philosophe aujourd.hui oublié, Herbert Marcuse, nous mettait en garde : nous ne pourrions bientôt plus critiquer efficacement le capitalisme, parce que nous n'aurions bientôt plus de
mots pour le désigner négativement.
30 ans plus tard, le capitalisme s'appelle développement, la domination s'appelle partenariat, l'exploitation s'appelle gestion des ressources humaines et l'aliénation s'appelle projet.
Des mots qui ne permettent plus de penser la réalité mais simplement de nous y adapter en l'approuvant à l'infini.
Des «concepts opérationnels» qui nous font désirer le nouvel esprit du capitalisme même quand nous pensons naïvement le combattre...
Georges Orwell ne s'était pas trompé de date; nous avons failli avoir en 1984 un «ministère de l'intelligence ».
Assignés à la positivité, désormais, comme leprévoyait Guy Debord : « Tout ce qui est bon apparaît, tout ce qui apparaît est bon. »
Inculture(s)1 à Avignon
et
Inculture(s) 2:
Inculture(s) II - Une autre histoire de l'éducation
2009 - Franck Le Page
148 minutes
« Et si on empêchait les riches de s'instruire plus vite que les pauvres ? » ou
« comment j'ai raté mon ascension sociale »
Quels sont les fondamentaux de l'Éducation Nationale ? À quoi sert-elle ? Y a t-il eu des alternatives ? Quelles perspectives pour l'Éducation Nationale ?
« En 1792, la Convention auditionne le rapport du marquis de Condorcet sur l’instruction publique. Qui se souvient des autres projets d’éducation, dont celui de Mirabeau, de Talleyrand, et
celui de Lepelletier de St Fargeau. A la différence de ce dernier qui organisait vraiment les conditions d’une égalité des apprentissages et des savoirs, le plan de Condorcet comporte un fort
risque d’élitisme et une différenciation des citoyens par le savoir, difficulté habilement contournée par le recours ambigu au concept de “méritocratie”. Deux siècles et 182 ministres plus
tard, on pose toujours la question : “Comment concilier égalité des savoirs et méritocratie ?” On ne le peut pas ! La méritocratie et l’égalité sont inconciliables ! Ce sont deux principes
opposés et il faut nécessairement choisir, le comble de la perversité étant de choisir la méritocratie en faisant semblant de désirer l’égalité. »
Après inculture 1 qui décortiquait le mensonge qu'est ce concept gouvernemental de « Culture », Franck Le Page met en perspective le système d'éducation en France. Partant des projets
d'éducation émis suite à la révolution de 1792, il nous montre combien l'Éducation Nationale comporte en elle les conditions de la reproduction des inégalités sociales et combien il est plus
que nécessaire de mettre son nez dans les évolutions à venir.
Ce petit conte politique est matière à réflexions couplées à de bons moments de rigolade !
Quels sont les fondamentaux de l'Éducation Nationale ? À quoi sert-elle ? Y a t-il eu des alternatives ? Quelles perspectives pour l'Éducation Nationale ?
Après « Inculture(s) 1 » qui décortiquait le mensonge qu'est ce concept gouvernemental de « Culture », Franck Le Page met en perspective le système d'éducation en France. Partant des projets
d'éducation émis suite à la révolution de 1792, il nous montre combien l'Éducation Nationale comporte en elle les conditions de la reproduction des inégalités sociales et combien il est plus
que nécessaire de mettre son nez dans les évolutions à venir.
Ce petit conte politique est matière à réflexions couplées à de bons moments de rigolade !
à télécharger --->
http://www.scoplepave.org/conf_incul_2.php
ou là en streaming :